Accueil du site > Lyon, un peu d’histoire > Lyon, à la période gallo-romaine

Le centre ville actuel formait une grande île nommée CANABAE qui s’étendait jusqu’à Ainay. Au sud de cette île, il en existait plusieurs autres. Cet ensemble forme maintenant le quartier de Perrache. Sur la rive gauche du Rhône on pouvait voir un grand marécage, un immense "brotteau" composé de saules, de bouleaux et de taillis.

Sur le plateau de la Croix-Rousse régnait une végétation dense avec une forêt inculte. Au pied de la Croix-Rousse, coincé entre la colline et le confluent, se trouvait le hameau de CONDATE, village Gaulois. En fait, quelques cabanes en rondins, habitées par des mariniers et des pêcheurs.

En cette période, les routes étaient inexistantes. Les deux magnifiques voies navigables desservant tout le sud-est de la Gaule, et débouchant sur la mer de l’Empire Romain et tous les pays du Levant, offraient les conditions rêvées pour créer une future cité impériale et royale.

A ce carrefour marqué des Dieux, un lieutenant des légions de César nommé Lucius MUNATIUS PLANCUS, alors gouverneur de la Gaule Chevelue, fut chargé par le Sénat romain de fonder une colonie au profit de citoyens romains expulsés de Vienne par les Allobroges.

Le 9 (ou 10 ?) octobre 43 av. J.C. LUGDUNUM commençait à sortir de terre.

PLANCUS obtint de Rome tous les puissants moyens et la nombreuse main-d’œuvre nécessaire.

Le site choisi fut celui de la colline de Fourvière. La plus grande partie du plateau fut bâtie dans les premières décennies suivant la fondation.

Lugdunum n’était pas prédestinée à devenir la capitale des Gaules. Elle fut d’abord colonie servant de cadre juridique à des citoyens romains sans patrie.

Cependant, assez vite, par la volonté d’Auguste, la ville est devenue chef-lieu de province et capitale de la Gaule chevelue.

Vers 16 avant J.C, l’empereur Auguste fit de Lugdunum la capitale des Trois Gaules après l’avoir embellie en faisant construire de somptueux équipements publics : théâtre, aqueducs, thermes, nouveau temple,…

LUGDUNUM

On attribue au nom plusieurs sens possible → LUG = dieu, lumière, corbeau. → DUNUM = ville forte, mont. Un travail de Romain ! Un véritable travail de Romains commença. Nous nous attacherons ici à évoquer les vestiges que nous pourrons découvrir ou évoquer sur les sites archéologiques, et vous invitons à consulter l’immense bibliographie existante qui aborde, entre autres, l’amphithéâtre des trois Gaules, l’habitat, la vie quotidienne, pour élargir le champ des découvertes.

LA POPULATION DU LUGDUNUM

La population de Lugdunum, comme celle de toute la métropole, était mêlée. Hommes libres, affranchis, esclaves, fonctionnaires ou militaires, commerçants et artisans,… Romaine à l’origine, la population est très vite devenue cosmopolite, accueillant des Gaulois de toutes les régions, des Italiens et des Orientaux, Grecs, Asiates, et Syriens. Lyon, avec ses 50.000 habitants, était avec Narbonne une des deux plus grandes villes de la Gaule. Les premiers colons Romains et Gaulois se sont très vite fondus (les Gaulois adoptèrent la religion des romains qui croyaient en de nombreux dieux) et c’est la raison pour laquelle on a adopté le terme : gallo-romain.

LE FORUM

A l’emplacement actuel de la basilique de Fourvière, existait un temple. D’épaisses fondations ont été retrouvées (datée du temps d’Auguste), celles d’une grande place publique, le forum. C’est probablement de forum vetus que vient le nom de Fourvière. Le forum était la place principale de la ville, entourée de portiques et bordée de bâtiments officiels. Lieu de rassemblement et de promenade, il est le centre de la vie sociale et politique. Il est aussi centre religieux ave le temple majeur consacré à la triade Jupiter-Junon-Minerve. Les vestiges retrouvés, tronçons de colonnes, fragments de chapiteaux, de corniches et de statues, ont permis de restituer une façade à six colonnes corinthiennes de 20 m de hauteur et de 2 m de diamètre ! Le forum se serait écroulé sous le règne de Louis le Débonnaire en 840. Un acte du XIIème siècle réserve toutes les pierres du vieux forum à l’œuvre de la cathédrale Saint-Jean (nous découvrirons ces matériaux antiques remployés dans le chevet de la cathédrale Saint-Jean).

LE THEATRE

Il a été construit sous le règne d’Auguste (et, les avis sont partagés, agrandi sous le règne d’Hadrien). A l’origine, il avait deux volées de gradins et pouvait accueillir 5000 spectateurs. Dix-huit gradins supplémentaires ont doublé sa capacité. Tragédies, comédies, satires, pantomimes, chants et mimes s’y déroulaient mais les Romains aimaient aussi voir les jongleurs, acrobates, bouffons, prestidigitateurs et montreurs d’animaux savants.

L’ODEON

Il était réservé à la musique et à la lecture des œuvres littéraires. Les activités qui s’y déroulaient n’intéressaient qu’une élite restreinte, et les odéons étaient plus petits que les théâtres (2500 places) et peu nombreux (deux en Gaule, à Vienne et à Lyon). LES AQUEDUCS DE LUGDUNUM L’eau est un élément primordial de l’urbanisme romain, aussi bien pour la sécurité (lutte contre l’incendie) que pour l’hygiène (thermes et égouts) et bien sûr l’alimentation. Nombreuses étaient les fontaines publiques dans tous les quartiers et une administration très structurée avait en charge ce service. L’eau abonde sur la colline de Lugdunum car Auguste, puis Claude et Hadrien, les empereurs romains, ordonneront d’aller la chercher de plus en plus loin. Quatre aqueducs amènent l’eau pure des montagnes de l’arrière-pays à Lugdunum. L’aqueduc des Mont d’Or (26 Km) L’aqueduc de l’Yzeron (40 Km) L’aqueduc de la Brévenne (70 Km) L’aqueduc du Gier ( 80 Km) - Vestiges rue Roger Radisson.

LES CITERNES

Aqueduc du Gier - Le plat de l'airSi une partie de ces eaux aliment les thermes, les demeures du plateau ne sont pas oubliées : ce sont 75.000 m3 d’eau par jour que déversent les 4 aqueducs de la ville. Nous pouvons encore voir le grand réservoir terminal mis à jour par les fouilles archéologiques.

LE QUARTIER ROMAINS DES FARGES

La démolition de tout un côté de la rue des Farges a libéré un vaste espace et mis à jour un quartier antique étagé d’est en ouest. Sur la terrasse supérieure ont été fouillées de riches maisons, dont la maison "aux masques". Sur la terrasse moyenne, soutenue par un énorme mur à contrefort, on a dégagé la maison "aux chars". La terrasse inférieure fut d’abord une place sur laquelle s’ouvraient des boutiques. Puis la place fut rehaussée lors de la construction des thermes et, les boutiques ayant disparu, une palestre s’étendit ici.

LES THERMES PUBLICS

On connaît la vogue des thermes dans le monde romain, symbole d’un mode de vie essentiellement urbain. En effet, les thermes procuraient non seulement un délassement physique par la pratique du sport dans les palestres, mais aussi un délassement intellectuel grâce aux salles de bibliothèque. Le bâtiment des thermes était construit selon un plan type reproduit à des centaines d’exemplaires dans le monde romain et déroulait une succession de salles que l’on traversait 2 fois selon un aller-retour : d’abord un vestiaire (apodyterium), puis une salle froide avec piscine (frigidarium), une salle tiède (tepidarium), une salle chaude avec piscine (caldarium), enfin parfois une étuve (laconicum). Les thermes étaient ouverts à toutes les classes de la société qui s’y côtoyaient, sans distinction de fortune (riches et pauvres) ou de condition juridique (libres ou esclaves) ou de sexe au moins jusqu’à Hadrien, qui interdit la pratique des bains mixtes. Des thermes de la rue des Farges, construits en 50 après J.C. et abandonnés à la fin du III ème siècle, seule a été dégagée la partie sud de l’édifice qui se prolonge sous le lycée Jean Moulin. Sont visibles les salles chaudes, dont on a retrouvé les hypocaustes (chauffage par dessous). 5

LE CIRQUE

Des nombreux cirques de Gaule, à quelques exceptions près, il ne reste plus rien. Gradins, tribunes, construits en bois, ont disparus. C’est le cas à Lyon où pourtant l’existence du cirque est bien attestée par l’épigraphie. Ce cirque a été localisé sur un terrain plat, de dimensions suffisantes. Ce troisième édifice de spectacle, après le théâtre et l’odéon était situé, selon la tradition, hors des murs de la ville. Le cirque de Lugdunum a laissé sa trace : une magnifique mosaïque (courses de chars) est conservée au musée gallo-romain.

LES VOIES ROMAINES

Lyon fut choisie comme point de départ des cinq grandes routes gallo-romaines (vers 20 av. J.C.) et c’est du Forum que partaient ces grandes voies.

- La première route achevée partait vers l’Italie.
- La seconde partait vers la Méditerranée.
- La troisième vers le Rhin.
- La quatrième vers l’Aquitaine (sur le tracé de la rue Roger Radisson)
- La cinquième vers l’Armorique et l’Atlantique.