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Lyon, les temps obscurs

A l’aube du troisième siècle, Lugdunum entra dans son déclin. Trop occupée à défendre la frontière du Danube, Rome se désintéressa de la Gaule. Les premiers envahisseurs germains mirent la ville à genoux en sabotant les aqueducs, privant ainsi la ville d’eau potable.

"Le départ de l’administration impériale fut désastreux. Du jour au lendemain, s’éteint une ville qui se voulait éternelle. Sur la colline de Fourvière, les édifices qui étaient son orgueil sont maintenant des fantômes déserts, entourés de demeures vides, dont les toitures s’effondrent sur les chatoyantes mosaïques, dont les poutres alimentent des foyers autour desquels se pressent les sans abris […] Désormais, plus besoin d’aqueducs pour une ville morte", raconte Amable AUDIN.

Contrairement à la plupart des villes antiques (Arles, Nîmes, Vienne, Autun) qui survécurent sur place, Lyon se déplace, et les habitants, privés d’eau sur le plateau, s’installent au pied de la colline sur les berges de la Saône.

Les édifices romains deviendront des carrières de pierre utiles aux bâtisseurs du Moyen Age, et les statues de marbre qui les ornaient seront conduites aux fours à chaux.

"Le départ des gens de la colline n’entraîne pas la mort de la ville. Privée de son titre de capitale, elle retrouve son destin premier : ville de fleuves, nœud de routes, lieu de passage", Amable AUDIN - Une ville - Editions Calman-Lévy.

Les habitant sont descendus dans les quartiers bas (St Georges, St Jean, St Paul) qu’alimentent les nappes souterraines, d’où jaillissent assez de fontaines pour les abreuver. Lyon devint une petite bourgade traversée de temps en temps par des hordes d’envahisseurs.

Le christianisme devient religion officielle en 313 et le pouvoir appartient alors aux évêques. Aux invasions et aux guerres s’ajoutent les fléaux naturels (épidémies, inondations terribles). Suivirent alors plusieurs siècles confus pendant lesquels alternèrent des périodes de conflits et des moments de prospérité.