Accueil du site > Lyon, un peu d’histoire > Lyon, ville de la Renaissance

Au début du deuxième millénaire, Lyon est sous la domination lointaine du Saint Empire et aussi sous celle, plus immédiate, de l’archevêque et des chanoines du chapitre de St Jean. Cet important rôle politique de l’église explique la forte emprise des propriétés religieuses dans la ville basse et sur la colline de Fourvière.

A partir du XIIème siècle, l’importance de la puissance des religieux est symbolisée par la construction d’un cloître dont on voit encore les vestiges. Les vieux chemins, hérités de l’époque pré romaine, se fixent progressivement autour des points forts que constituent les églises et les monastères. Ce tracé est conservé de nos jours. Le Vieux Lyon a encore un caractère rural : maisons basses, chemins de terre battue, jardins et cultures qui s’avèrent précieux en période de guerre ou de maladie. Le seul édifice du Moyen Age qui soit parvenu jusqu’à nous presque intact est la manécanterie.

LE VIEUX-LYON, CŒUR DE LA CITE

Au cours du XVème siècle, Lyon va bénéficier d’une excellente conjoncture et devient rapidement un carrefour commercial, intellectuel et international. Grâce a sa situation géographique, placée sur l’axe des grands fleuves navigables et à proximité de l’Italie, Lyon est une place forte économique dans toute l’Europe. C’est le lieu de transition idéal entre L’Europe du nord et les pays méditerranéens. Le Vieux Lyon est à cette époque le siège du pouvoir civil (palais du Gouverneur), religieux (archevêché) et économique (quartier du Change).

LES GRANDES FOIRES

Philippe le Bel octroie à la ville de Lyon en 1420, le droit d’organiser deux grandes foires annuelles. Charles VII en rajoutera deux supplémentaires. Limitées au début à quelques semaines par an, ces foires finissent par durer des mois et le va-et-vient des marchands ne cesse guère de toute l’année. Ces foires attirent un nombre très important d’étrangers, notamment de banquiers Italiens.

L’IMPRIMERIE

Une autre industrie se développe à Lyon grâce à ce contexte favorable : l’imprimerie. La ville devient très vite un grand centre de production et de diffusion d’ouvrages.

LA COUR

En 1494, le roi Charles VIII s’installe à Lyon avec la cour de France, et la ville devient alors un lieu incontournable pour les gentilshommes.

LA SOIE

En 1528, François 1er accorde des privilèges fiscaux aux tisseurs de soie, d’or et d’argent, et la soie est tissée à Lyon et plus importée d’Italie. Cette industrie connaît alors un développement fulgurant qui durera jusqu’au milieu du XX ème siècle.

LE DEVELOPPEMENT DE L’HABITAT

Dans tout le dernier tiers du XV ème siècle, lorsque survient le décollage économique, le Vieux Lyon se transforme en un vaste chantier. Avec frénésie, on ne cesse de construire pendant plus d’un siècle, puis, jusqu’au milieu du XVIII ème et ponctuellement ensuite, on ne cesse de surélever, transformer les maisons. Les jardins disparaissent car il est nécessaire de trouver toujours et encore des mètres carrés habitables. Les riches et les notables désirent y habiter, et exigent des logements à la mesure de leur fortune. Les vieilles bâtisses moyenâgeuses à demi ruinées disparaissent pour faire place à des maisons neuves de qualité. On construit toujours plus haut, de beaux immeubles à l’italienne, d’inspiration Toscane. Sans altérer le maillage des rues, les vieilles maisons de terre ou de pisé ont été remplacées par des maisons de pierre.

LA DEMEURE RENAISSANCE

Le modèle de maison de ville qui se développe dans le Vieux Lyon est fortement influencé par le système parcellaire en place. Les façades forment sur rue un front continu.

Chaque parcelle a sur rue, une largeur de 5 à 8 m et un profondeur de 20 m et plus. Derrière le corps de logis qui donne sur rue, on en trouve un deuxième, parfois un troisième, desservis par des cours. Ces cours sont étroites. Pour faire place à une échoppe, l’allée fermée par une porte à imposte occupe une position latérale, et mène à l’escalier. Les étages sont reliés par des galeries de communication. L’allée et l’escalier portent nettement la marque d’une volonté d’ostentation : c’est la que le maître des lieux laisse voir sa richesse ; c’est donc la que sont employées les techniques les plus spectaculaires : voûtes à croisées d’ogives, escaliers en vis dans des tours « belvédères « . Peu de maisons ont des portes cochères, preuve que la circulation était réduite. Comme la lumière est rare, on perce de nombreuses fenêtres, selon un rythme caractéristique : une baie étroite et deux larges divisées par des meneaux.

LES CELEBRES TRABOULES LYONNAISES

Faisant l’économie des rues transversales, chaque maison était traversée par une allée de bout en bout permettant de passer au travers de l’immeuble (traboule, de trans ambulare).